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Médecines douces, professions de santé, paramédical : 10 formations et métiers à découvrir

11 Mai 2022 | Orientation, formations & métiers

Les études de médecine requièrent 9 ans d’études. A minima. Heureusement, d’autres métiers et formations existent pour celles et ceux qui aimeraient dédier leur vie professionnelle aux autres mais n’ont ni la motivation ni le temps de consacrer une décennie pour devenir médecin. Parfois désignées sous le vocable de Médecines Complémentaires et Alternatives (MCA), ces professions de santé et pratiques de soins pourraient satisfaire les envies d’aider, de soulager, d’accompagner… les personnes en ayant besoin.

Professions paramédicales et médecines douces : une classification hétérogène

Non conventionnelle, Parallèle, Traditionnelle, Non médicamenteuse, Intégrative…  l’OMS recense plus de 400 de ces « médecines » dans le monde. Nous ne les citerons pas toutes. L’Agence des MCA complète d’ailleurs cette taxonomie avec la notion élargie de Soins non médicamenteux et relationnels, qui incluent…

Les pratiques conventionnelles à visées de soins, rassemblant des méthodes validées ou actuellement étudiées par les autorités.

Telles que la diététique, l’ergothérapie ou la psychomotricité.

Près de 9 français sur 10 ont une bonne image des médecines douces et 7 sur 10 ont déjà testé au moins une fois l’une de ces pratiques.
Sondage Harris Interactive • novembre 2019

Si certaines des pratiques concernées ont un impact positif avéré sur la qualité de vie ou le bien être de celles et ceux qui y ont recours, elles ont néanmoins pour point commun de ne pas faire reposer leurs bénéfices sur des preuves scientifiques stricto sensu.

médecines complémentaires et alternatives

L’absence d’évaluations quantitatives ou cliniques spécifiques et de classifications abouties contribue alors peu ou prou à entretenir les doutes et à nourrir les résistances des institutions et des corporations de médecins. Pourtant, le principe d’une approche holistique de la santé dont les MCA feraient partie est d’ores et déjà prôné et partagé par une partie du corps médical.

La demande croissante des patients pour ces pratiques signifie qu’aujourd’hui la médecine conventionnelle ne répond pas à 100 % à leurs attentes. C’est quelque chose dont nous devons tenir compte et qui doit nous amener à nous interroger sur nos pratiques (…)
Pr Jean-Yves Fagon

Les MCA peuvent alors s’inscrire dans un parcours de soin global, soit en complément d’un traitement médical, soit de façon alternative (pour des symptômes bénins par exemple), soit encore de façon préventive.

L’approche que proposent ces soins doit faire réfléchir les médecins conventionnels. Nous sommes peut-être trop fixés sur le symptôme et l’organe. Il faudrait sans doute davantage aborder les patients dans leur globalité (…)
Dr Bruno Falissard

médecines douces

Défenseurs et détracteurs des Médecine Complémentaires et Alternatives : en France on aime la polémique !

2018. Dans une tribune hostile publiée dans Le Figaro, une centaine de médecins réclament (entre autre) la non reconnaissance de l’homéopathie comme pratique médicale, son déremboursement par la sécurité sociale et la fin de son enseignement.

Malgré l’opposition des médecins homéopathes, Agnès Buzyn, Ministre de la santé à l’époque, suit les recommandations de la Haute Autorité de Santé. Depuis le 1er janvier 2021, cette médecine douce n’est plus prise en charge par la Sécurité Sociale.

Cet épisode témoigne des débats souvent enflammés qui opposent dans l’hexagone les inconditionnels d’une médecine dite allopathique à ceux qui défendent le droit d’accès à des pratiques alternatives ou complémentaires.

Si, en France, la médecine conventionnelle prévaut dans le système de soins en tolérant avec parcimonie les MCA, d’autres pays les font cohabiter (Etats-Unis, Inde…) ou encadrent certaines de leurs pratiques (Grande-Bretagne, Allemagne…). En Inde et au Brésil par exemple, l’homéopathie est officiellement reconnue dans le système de santé et compte parmi les 3 techniques de soins les plus utilisées.

véronique suissa DG agence MCAQuestions à Véronique Suissa Docteur en psychologie et co-fondatrice de l’Agence des Médecines Complémentaires et Alternatives.

Site de l’AMCA

Comment définiriez-vous la notion de Médecine Alternative et Complémentaire pour un lycéen qui envisage de suivre une formation dans l’un de ces domaines ?

Très simplement. Les MCA peuvent se définir comme un ensemble de pratiques déployées pour la prévention, le bien-être et la qualité de vie des personnes en santé ou en fragilités. Ces pratiques peuvent être de natures différentes, par exemple, elles peuvent mobiliser le toucher (ostéopathie, chiropraxie, massages…), le duo corps/esprit (ex. sophrologie, hypnose, relaxation, méditation…), l’alimentation (ex. compléments alimentaires, homéopathie, phytothérapie…).

Il faut distinguer les pratiques non médicamenteuses scientifiquement validées par la Haute Autorité de santé (ex. kinésithérapie, psychomotricité, soutien psychologique, diététique), celles qui sont recommandées par les autorités sans pour autant être pleinement validées (ex. sport, activité physique adaptée, socio-esthétique), des médecines complémentaires (citées plus haut) qui rassemblent des pratiques très différentes qui sont ou non réglementées par la loi, détiennent ou non des normes de formation, sont ou non validées par la science.

Les pratiques qui ne relèvent pas de l’allopathie sont pléthoriques et nous ne présentons ici qu’une infime partie d’entre elles. Quels devraient être selon vous les critères et les sources d’informations à privilégier pour choisir la « bonne » pratique et la formation correspondante ?

Il s’agit avant tout de s’intéresser aux appétences des jeunes. Ont-ils une appétence pour le fonctionnement du corps ? Dans ce cas, on peut évoquer les différentes méthodes manuelles.

Portent-ils un intérêt aux dimensions plus psychologiques ? Dans ce cas on peut aborder le spectre des pratiques psychocorporelles. Certaines pratiques demandent des études médicales comme l’acupuncture (réservée aux médecins et sages-femmes) ou comme l’homéopathie. Cela peut être aussi un critère de choix. D’autres pratiques aussi demandent des diplômes plus spécifiques (ex. diététique, soutien psychologique, APA…).

Pour les autres pratiques complémentaires, plus vaste, il s’agit d’indiquer les pratiques pour lesquelles il existe des formations reconnues, soit par voie Universitaire (de type DU qui nécessite d’avoir souvent à minima une licence dans le secteur de la santé) ou par voie professionnelle (de type RNCP, qui nécessite généralement pas de pré-requis).

Il importe aussi de s’intéresser à leur appétence pour la dimension relationnelle très présente. Il faut rappeler que le domaine du bien-être, s’il est très prisé, n’ouvre pas si aisément à l’emploi, quand bien-même le diplôme est reconnu. Il ne s’agit en rien de décourager ces vocations du care, bien au contraire, mais cela doit aussi être un critère pour assurer le développement professionnel et personnel des futurs praticiens qui s’engagent.

En France, de nombreuses pratiques peinent à obtenir la reconnaissance de l’Etat alors qu’elles sont socialement acceptées (cf. par exemple l’homéopathie) et ne présentent pas de danger notable. Un phénomène qu’on observe moins dans d’autres pays. Comment expliquez-vous cette réticence hexagonale ?

Je pense qu’il y a de nombreux facteurs. Avant tout, on a tendance culturellement à opposer « la médecine » et « les médecines complémentaires » ce qui contribue aux réserves, un peu comme si les pratiques complémentaires faisaient concurrence à la médecine, ce qui évidemment n’est pas le cas dès lors où il s’agit de pratiques mobilisées de façon adaptées et en cohérence et complémentarité aux soins conventionnels.

Ensuite, il y a une confusion entre « médecine » et « santé ». La médecine relève du domaine médical tandis que la santé appartient à tout à chacun. Le citoyen est acteur de sa propre santé. Il peut en toute liberté agir en faveur de sa santé, par des modes de vie sains, des approches de prévention, etc. Le croisement entre santé et médecine concerne essentiellement les personnes en situation de fragilité qui sont à la fois traitées par la médecine et qui peuvent tout autant agir en faveur de leur santé en mobilisant des approches complémentaires et des modes de vie adéquat en cohérence avec leurs fragilités. Croiser médecine et santé n’est pas une opposition mais bien une complémentarité vertueuse…

Aussi, la méconnaissance de ces pratiques par les médecins, le manque d’études scientifiques contribuent aux oppositions entre MCA et médecine. De plus, le charlatanisme en santé existe malheureusement et participe des confusions ou des réserves.

Plutôt que d’arbitrer entre une approche 100% « cure » et une autre 100% « care » sujettes, au moins en France, à controverse, nous avons préféré aborder les MCA de façon pragmatique.

En nous basant sur la nomenclature déterminée par l’Agence des MCA, nous présentons ici 10 pratiques et méthodes :

  • conventionnelles à visées de soins, ayant démontré leur efficacité et valorisées par la Haute Autorité de Santé;
  • non conventionnelles (adaptées, sécurisées et/ou encadrées);
  • accessibles, pour la plupart, en formation initiale (post-bac).

N.B : l’Agence des Médecines Complémentaires et Alternatives (AMCA) distingue :

  1. Les Médecines Complémentaires et Alternatives (Acceptées, Tolérées ou Rejetées),
  2. et les Soins officiels non médicamenteux et relationnels (Pratiques validées ou Pratiques recommandées).
exercice de la chiropraxie

Chiropraxie : comment devenir chiropracteur ?

Les chiropracteurs sont les spécialistes du diagnostic, du traitement et de la prévention des troubles neuro-musculo-squelettiques. La chiropraxie se caractérise par une prise en charge globale de chaque patient, prenant en compte son histoire personnelle et médicale, ses antécédents familiaux, ses habitudes de vie et de travail.

Institut Franco-Européen de Chiropraxie

En France, les troubles musculo-squelettiques sont responsables d’au moins 8 arrêts de travail sur 10. Selon la sécurité sociale, le préjudice financier avoisinerait les 2 milliards d’euros chaque année dont la moitié pour les maux de dos.

Dans la mesure où il n’existe que 1400 chiropracteurs en activité, la profession semble offrir d’indéniables perspectives d’avenir.

Fondée avant tout sur une approche manuelle, la chiropraxie consiste à exercer « une pression spécifique et rapide sur une une articulation ». Maux de nuque, de hanches, lumbago, sciatique, maux de tête, tendinite… le chiropracteur agit sur les systèmes musculaire, articulaire et neurologique. Il a vocation à expliquer la nature du dysfonctionnement et la façon dont il entend la traiter, à procéder à des ajustements (manipulations, mobilisations…) et enfin à conseiller son patient quant aux exercices à faire.

Seule formation agréée par le Ministère de la Santé, l’Institut Franco-Européen de Chiropraxie (Ifec) dispose de 2 campus à Ivry-sur-Seine et à Toulouse. Il est autorisé à délivrer un Diplôme de chiropracteur, enregistré au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) de niveau 7. Les chiropracteurs sont inscrits à l’ARS (Agence Régionale de Santé).

Parce que la formation est normée au plan international, les chiropracteurs peuvent, contrairement aux kinésithérapeutes, exercer dans d’autres pays que la France.

Durée : 5 ans

Coût en formation initiale : près de 10.000 euros par an.

Admission hors Parcoursup en formation initiale (pour les titulaires du baccalauréat général) sur dossier de candidature entre décembre et juin, puis Journée d’Admissibilité (tests, entretien…). Une réorientation est envisageable après un PASS (Parcours Accès Santé Spécifique). Une session de mise à niveau est possible pour les élèves issus de parcours non scientifiques. A de rares exceptions, certains candidats issus d’un Bac ST2S ont été admis à l’Ifec.

Modalités d’exercice : majoritairement en cabinet libéral. 40% des chiropracteurs en exercice gagnent plus de 60 000 euros par an (source Association Française de Chiropraxie 2017).

La chiropraxie au quotidien

par Charlène Chéron | Chiropracteure • N° ADELI : 460000482

Ce qu'il faut savoir sur la Chiropraxie

Questions à Charlène Chéron

Chiropracteure • Diplômée de l’IFEC (Institut Franco-Européen de Chiropraxie) MSc – Contrôle Moteur, Spécialité Recherche, Paris Saclay PhD – Science du Sport et du Mouvement Humain, Paris Saclay • Membre du Conseil d’Administration de l’Association Française de Chiropraxie (AFC)

Quelles sont les qualités requises pour devenir chiropracteur ?

Pour devenir chiropracteur et pour s’épanouir dans cette profession il est important en premier lieu d’être à l’écoute et d’avoir de l’empathie. Avoir un esprit logique ainsi que de bonnes capacités d’analyse est aussi primordial afin d’être en mesure de poser le diagnostic et d’identifier les meilleures stratégies thérapeutiques pour le patient. En dernier lieu, la chiropraxie étant une profession manuelle, il est important d’aimer être au « contact » des gens.

Pour quelles raisons n’existe-t-il qu’une seule formation à la chiropraxie ?

Il n’existe qu’une seule formation en France pour différentes raisons. Historiquement, à mesure de son développement partout dans le monde, la profession s’est structurée avec le souci constant d’un haut niveau de qualification d’une part, et de maîtrise de sa démographie professionnelle, d’autre part.

A cet égard, les organisations représentatives des chiropracteurs ont très tôt mis en place un cursus homogène au niveau international, reconnu par les différentes associations nationales. Au niveau européen, par exemple, il existe un organisme chargé de l’établissement des normes d’enseignement chiropratique, et du contrôle de la qualité des programmes l’European Council on Chiropractic Education (ECCE) qui permet une accréditation. C’est le cas de l’Institut franco-européen de chiropraxie (IFEC), pour la France.

Cette accréditation demeure interne à la profession et n’a naturellement pas de valeur pour les autorités publiques. Néanmoins, lorsqu’en France, l’association française de chiropraxie et l’IFEC ont engagé la discussion avec les ministères de la santé et de l’enseignement supérieur, dans la perspective de la reconnaissance de la formation dispensée, ces normes pré-existantes ont été précieuses pour travailler à la rédaction des décrets parus en 2018.

Depuis, la réglementation française relative à la formation en chiropraxie est particulièrement exigeante, tant du point de vue du contenu du programme que des qualifications du corps enseignant. La formation délivrée par l’IFEC est ainsi la seule agréée par le Ministère de la Santé et par le ministère de l’enseignement supérieur.

Combien de places l’Ifec ouvre-t-il chaque année ?

L’IFEC ouvre 100 places par campus en 1ère année en France, soit 200 places en tout car il existe 2 campus : un a Ivry (Paris) et un à Toulouse.

Comparée à l’ostéopathie, la chiropraxie pâtit d’un déficit de notoriété important. Il peut sans doute s’expliquer par le faible nombre de praticiens en exercice et le fait qu’il n’existe qu’une seule formation habilitée. Comment faire mieux connaître cette pratique afin qu’elle se développe ?

Dans une enquête IFOP réalisée en 2017 plus de la moitié des Français affirmaient connaître la chiropraxie. On peut aisément supposer que ce chiffre a augmenté car le nombre de chiropracteurs a presque doublé depuis la réalisation de cette enquête.

Les chiropracteurs sont environ 1400 à exercer sur le territoire Français, notre pratique devient de plus en plus connue.

A mesure que la profession se développe, nous sommes de plus en plus sollicités par les médias, pour notre expertise des troubles musculosquelettiques. Cela accroît progressivement notre visibilité. C’est aussi une belle reconnaissance. Au regard des enjeux de santé publique, rappelons les lombalgies sont la principale cause d’incapacité dans le monde, l’Association Française de Chiropraxie a pour objectif de promouvoir la profession pour favoriser l’accès aux soins chiropratiques du plus grand nombre.

pratique ostéopathe

Ostéopathie : comment devenir ostéopathe ?

L’ostéopathie consiste, dans une compréhension globale du patient, à prévenir, diagnostiquer et traiter manuellement les dysfonctions de la mobilité des tissus du corps humain susceptibles d’en altérer l’état de santé.
Association Registre des Ostéopathes de France

Douleurs du dos, des lombaires, des hanches… et même sinusites, otites, céphalées, problèmes de digestion… l’ostéopathie jouit d’un engouement avéré du grand public. Selon l’URCO (Union pour la Recherche Clinique en Ostéopathie), près de 15 millions de français bénéficieraient chaque année des services d’un ostéopathe pour soulager un trouble fonctionnel musculo-squelettique.

Si le statut des ostéopathes diffère d’un pays à l’autre, en France, l’ostéopathie est réglementée depuis 2002 par le Ministère de la Santé et a été l’objet de plusieurs lois et décrets visant à définir son statut et sa place dans le système de soins.

La pratique est par ailleurs reconnue par le Conseil de l’Ordre des Médecins.

Il existe 31 formations agréées par le Ministère de la Santé, dont 9 à titre provisoire (septembre 2021).

Durée : 5 ans, fixée par décret à 4860h :
• 3 360 heures de formation théorique et pratique, sous forme de cours magistraux, de travaux dirigés et de travaux pratiques ;
• 1 500 heures de formation pratique clinique encadrée incluant 150 consultations complètes et validées.

Coût en formation initiale : entre 8.000 et 10.000 euros par an selon la formation.

Le Diplôme d’Ostéopathe est enregistré au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) de niveau 7.

Admission hors Parcoursup. Une admission en formation initiale (post-bac) est possible sur dossier de candidature et entretien. Une année préparatoire pourra être requise selon le parcours de l’élève.

Modalités d’exercice : La plupart des ostéopathes exercent dans le cadre d’une activité libérale.

L'ostéopathie au quotidien

par François Courty | Ostéopathe

Ce qu'il faut savoir sur l'ostéopathie

Questions à François Lejeune

Secrétaire général adjoint du Registre des Ostéopathes de France Responsable du département Admissions

Quelles sont les qualités requises pour devenir ostéopathe ?

Comme tous les métiers de la santé, le futur professionnel doit être doté de fort potentiels d’empathie et d’écoute : l’humain est au cœur de notre métier. La curiosité et l’adaptabilité, en toute circonstance, sont également des qualités qui faciliteront grandement, à la fois le futur étudiant et également le futur professionnel.

Enfin et peut-être avant tout chose, il est incontestable que le futur ostéopathe doit être un « manuel », au sens où le métier reste avant tout une pratique manuelle. Le toucher du futur ostéopathe se devra d’être fin et s’affinera au fur et à mesure de sa formation et de son expérience.

Quels sont les enseignements de spécialité à privilégier au lycée pour suivre une formation d’ostéopathe ?

Il est indéniable qu’en premier lieu l’ES de « SVT » est à privilégier : c’est probablement la matière fondamentale lorsque l’élève souhaite s’orienter vers les métiers de la santé.

Ensuite, l’ES de « Sciences de l’ingénieur » pourrait s’avérer d’une grande utilité pour parfaire les capacités de raisonnements et de matérialisation des problématiques dont le futur élève ostéopathe et professionnel aura grand besoin.

Enfin, l’ES de « Physique-chimie » sera un plus supplémentaire pour permettre à l’élève de modéliser les concepts théoriques et pratiques.

Ceci étant dit, tous les ES peuvent évidemment avoir leurs intérêts propres. Comme évoqués précédemment, la curiosité est une qualité essentielle pour le futur étudiant et professionnel : Plus la culture générale sera développée et plus la pratique du métier sera aisée pour permettre au thérapeute de s’adapter à tous les types de situations et de patients. N’oublions pas que le métier d’ostéopathie est d’abord et avant tout un métier de l’humain.

Il existe plusieurs pratiques impliquant une manipulation corporelle (chiropraxie, ostéopathie, étiopathie, réflexologie…). Quels conseils objectifs donneriez-vous à un lycéen qui s’interroge sur la pratique et la formation correspondante à privilégier ?

Si l’élève a des affinités à s’orienter vers les métiers du soin et de la santé, deux conseils peuvent lui être donnés : Tout d’abord, et tout simplement, être amené à devenir patient peut être un « premier pas » et permettra de toucher du doigt les contours de la pratique. Si le choix se confirme, il peut s’avérer intéressant de demander au thérapeute de le recevoir en stage au sein du cabinet, afin de confronter le souhait à la réalité.

Les professions de la santé, à fortiori les professions impliquant une pratique manuelle, font parties de celles qui nécessitent d’être confronter aux réalités du terrain pour pouvoir dessiner avec certitude le choix de son avenir professionnel.

pratique psychomotricité

Psychomotricité : comment devenir psychomotricien ?

Le psychomotricien est un professionnel de santé qui exerce sur prescription médicale. Il mobilise tout ou partie des 4 domaines constitutifs de la psychomotricité d’un individu : les émotions, la sensorialité, le cognitif et la motricité. Dans le cadre de techniques, d’exercices et de méthodes spécifiques d’intervention, il est en mesure d’agir sur de nombreux troubles ou dysfonctionnements, pouvant toucher les enfants, les adultes ou les personnes âgées : autisme, polyhandicap, AVC, maladie neurodégénérative…
Nicolas Raynal • Secrétaire Général de la Fédération Française des Psychomotriciens

Jongler en équilibre sur un socle instable, mémoriser et répéter une suite de mouvements corporels, faire un match de football en salle… les exercices mis en oeuvre en séance de psychomotricité sont vastes.

Ils n’ont pour seule limite que la créativité du psychomotricien et tendent à solliciter des fonctions cognitives et corporelles variées : contrôle des gestes, coordination motrice, conscience du corps, lâcher prise et relaxation, travail sur l’équilibre ou le rythme…

Le psychométricien intervient sur prescription médicale pour gérer hyperactivité, troubles du langage, inhibition…

Durée de la formation : 3 ans.

Coût : en formation initiale, les frais de scolarité peuvent varier de quelques centaines d’euros à plus de 5000 euros par an selon l’établissement concerné.

Diplôme d’Etat (DE) de psychomotricien. La formation est accessible sur concours après la baccalauréat dans un Institut de Formation en Psychomotricité (IFP). Il en existe moins d’une vingtaine en France. L’inscription se fait sur Parcoursup.

Modalités d’exercice : majoritairement à l’hôpital, mais aussi dans les maisons de retraite, dans les crèches, en libéral… Le salaire oscille entre 22 et 25K€ par an en début de carrière et il peut atteindre 30K€ en libéral.

La psychomotricité au quotidien

par Aurélien D'Ignazio | Psychomotricien

Ce qu'il faut savoir sur la psychomotricité

Questions à Nicolas Raynal

Psychomotricien D.E. • Secrétaire Général de la Fédération Française des Psychomotriciens (FFP)

Quelles sont les qualités requises pour devenir psychomotricien ?

Comme dans la plupart des métiers ayant trait à l’humain, les capacités d’écoute, d’empathie et plus globalement avoir un bon relationnel, sont des qualités essentielles. La patience et la maîtrise de soi sont aussi des atouts considérables dès lors que notre travail nous amène à devoir nous confronter à des situations parfois compliquées ou d’accueillir des personnes pouvant être en grande souffrance. L’exercice de la profession demande de son côté d’avoir un attrait pour la démarche scientifique et nécessite des capacités d’expression, à la fois orale et écrite.

Plus généralement, il est important de savoir travailler en équipe, faire preuve de curiosité, d’autonomie et de créativité dans sa gestion des situations et des projets Dans le même temps il est important d’avoir de l’intérêt pour les pratiques sportives et ou artistiques en général, et porter un intérêt aux questions sociales et de santé

Quels sont les enseignements de spécialité à privilégier au lycée pour suivre une formation de psychomotricien ?

Aujourd’hui, les enseignements liés aux Sciences et Vie de la Terre et à la maîtrise de la langue française (notamment Humanité, Littérature et Philosophie) sont à prioriser pour se préparer à intégrer ces études. Donc intégrer ces 2 spécialités au moment des choix pour la première est important. On peut y associer avant le passage en terminale les sciences économiques et sociales, surtout pour les compétences d’analyse et de synthèse qu’elles invoquent, ou la physique chimie qui poussera elle évidement à renforcer ses aptitudes à la démarche scientifique.

Il existe de grandes différences de prix entre les formations, qu’elles soient publiques ou privées; comment expliquer ces écarts ?

Dans les faits il ne faut pas parler de prix, mais de reste à charge, car une année universitaire coûte à peu près le même prix de partout. En effet le financement des Instituts de Formation des Psychomotriciens est une prérogative des Régions. Ce sont donc ces dernières qui « décident » en quelque sorte de ce qu’aura à débourser l’étudiant pour ses études. Comme chacun l’aura compris, les régions font des choix différents, parfois au sein même de leur territoire, et le reste à charge de l’étudiant peut être extrêmement réduit comme total selon que l’IFP reçoivent ou non une subvention de la Région, et du montant de cette dernière évidemment.

Sur les 17 formations existantes présentées sur Parcoursup, 6 sont Privées (dont 3 hors contrat). Quel intérêt y-a-t-il selon vous à opter pour le privé dans la mesure où le programme (publié au JO) et le diplôme délivré au terme des 3 ans sont les mêmes ?

Concrètement, tous les IFP de France métropolitaine et d’outre-mer sont placés sous la double tutelle des ministères de la santé et de l’enseignement supérieur. Ils dispensent tous un enseignement basé sur un arrêté.

S’il peut exister quelques différences entre les Instituts, pour de simples raisons de culture territoriale ou d’expertise particulière du corps professoral, la formation est la même. Quel que soit votre établissement, il vous prépare à l’obtention du Diplôme d’Etat de Psychomotricien qui est codélivré par nos ministères de tutelle et non par les IFP eux-mêmes.

Les établissements privés présentent un avantage non négligeable du fait qu’ils proposent de réaliser sa formation en alternance à partir de la deuxième année. Cela fait plus de 10 ans maintenant que notre profession propose cette modalité de formation et le recul acquis nous permets d’affirmer que le niveau des professionnels ainsi formés est tout à fait comparable à celui de ceux qui ont suivi un cursus classique avec des stages.

Cette modalité est certes exigeante pour celles et ceux qui y recourent, car cela demande beaucoup de travail, mais elle constitue une voie de formation très adaptée dès lors que l’on est dans une situation où l’on doit gagner sa vie à côté des études, notamment dans les cas de reconversion professionnelle ou de réorientation.

assiette diététique

Diététique : comment devenir diététicien ?

Est considérée comme exerçant la profession de diététicien toute personne qui, habituellement, dispense des conseils nutritionnels et, sur prescription médicale, participe à l’éducation et à la rééducation nutritionnelle des patients atteints de troubles du métabolisme ou de l’alimentation, par l’établissement d’un bilan diététique personnalisé et une éducation diététique adaptée. Les diététiciens contribuent à la définition, à l’évaluation et au contrôle de la qualité de l’alimentation servie en collectivité, ainsi qu’aux activités de prévention en santé publique relevant du champ de la nutrition.
Code de la Santé Publique (Art. L 4371-1).

« Que ton aliment soit ta meilleure médecine » aurait dit Hippocrate (bien que les avis divergent sur la paternité de l’aphorisme).

Dénutrition, surpoids, obésité, diabète… les dysfonctionnements, voire les pathologies qui peuvent résulter au moins en partie d’une alimentation déséquilibrée ou inadaptée sont légion. En France, on compte ainsi près d’un adulte sur deux en situation de surpoids ou d’obésité.

Dans un monde où les produits bios, les alicaments, les AOC, AOP, Nutri-score et autres labels pléthoriques… s’affichent sur les packagings et les étals comme autant de promesses d’équilibre alimentaire vantées par les producteurs et les industriels, il peut s’avérer un tantinet difficile de faire les bons choix nutritionnels.

Dans ce contexte, le diététicien peut, dans un parcours de soins plus global si nécessaire, accompagner ses patients dans un but thérapeutique, préventif et/ou éducatif. Contrairement au nutritionniste, profession médicale, le métier de diététicien relève du paramédical.

Ce qui ne l’empêche pas d’intervenir sur prescription médicale, ou de veiller par exemple à la qualité des repas servis dans une collectivité.

Durée :  2 à 3 ans selon la formation choisie.

Admission & diplôme : en formation initiale, deux cursus sont aujourd’hui accessibles via Parcoursup aux bacheliers généraux, technologiques et professionnels:
• le BTS de diététique en deux ans, proposé dans des établissements publics ou privés;
• le BUT (Bachelor Universitaire de Technologie) Parcours Diététique et Nutrition (l’un des 5 du BUT génie biologique). La formation est délivrée en IUT et confère le grade de licence (Bac+3). Il se substitue au Diplôme Universitaire de Technologie Génie Biologique option Diététique (DUT) qui disparait en 2022.

Modalités d’exercice : plus de 15000 diététiciens nutritionnistes exercent en France (dont une très large majorité de femmes), dans des secteurs variés : en libéral, en hôpital, dans la restauration collective, dans l’agro-alimentaire…

La diététique au quotidien

par Faustine Simonnet | Diététicienne-Nutritionniste

Ce qu'il faut savoir sur la diététique

Questions à Florence Foucaut

Diététicienne nutritionniste et membre de l’Association Française de Diététiciens Nutritionnistes (AFDN).

Naturopathie, Phytothérapie, Aromathérapie, Nutrition, Diététique… bien qu’elles recouvrent des compétences, des connaissance, des statuts et des modalités de formation différents, les disciplines touchant au bien être ou au soin par « l’alimentation » au sens large sont nombreuses. Quels conseils donner à un lycéen qui s’interroge sur la voie à suivre ?

Les diététiciens nutritionnistes sont des paramédicaux reconnus auprès des ARS (agences régionales de santé), nous possédons un numéro ADELI et à ce titre nous sommes reconnus comme professionnels de santé, nous prenons en charge des patients (et non des clients). Ce statut n’est pas délivré aux aromathérapeutes et naturopathes nutrithérapeutes et autres coachs en nutrition… Seuls les médecins phytothérapeutes sont eux aussi reconnus comme professionnels de santé, ils sont médecins. Donc aujourd’hui les seuls diplômes reconnus et obligatoires pour exercer en tant que diététiciens nutritionnistes sont BTS diététique et BUT ex DUT en biologie appliquée option diététique. Enfin rien n’empêche un étudiant diplômé avec BTS ou BUT (diplôme officiel) de continuer en licence professionnelle ou formations annexes (Phyto hypnose aroma bachelors…). Il est bon de noter qu’après un BTS, les étudiants peuvent également intégrer une école d’ingénieur (sélection sur dossier et entretien); AgroparisTech ou LaSalle Beauvais par exemple… ou encore LAS (licence accès santé). Les formations en rapport avec l’alimentation sont certes nombreuses mais les étudiants doivent privilégier les formations reconnues.

Quels sont les enseignements de spécialité à privilégier au lycée pour suivre une formation de diététicien ?

Avec la réforme parcoursup les bacs techniques sont recommandés pour les BTS et BUT (bac ST2S). Choix des spés en première générale : idéalement SVT physique et mathématiques. Les écoles privées ont quant à elles leurs propres systèmes de sélection.

Quelles sont les qualités requises pour devenir diététicien ?

Bonne maîtrise de la biochimie et physiologie. Bonne capacité d’écoute. Capacité de travail en équipe si intégration dans une équipe notamment à l’hôpital. Réévaluer de connaissances de façon constante. Avoir des connaissances solides et se baser sur les recommandations officielles issues des sociétés savantes. Se former régulièrement. Ce métier ouvre de nombreuses possibilités d’évolution :

  • Cabinet libéral/MSP (maison de santé pluridisciplinaire)
  • Enseignement/formation
  • Restauration collective
  • Ehpad
  • Hôpitaux et cliniques
  • Associations
  • Faire du consulting auprès de diverses entreprises
  • Milieu sportif
  • Rédaction article
  • Presse audiovisuelle et écrite.
ergothérapeute aidant une personne en situation de handicap

Ergothérapie : comment devenir ergothérapeute ?

L’ergothérapie est une profession paramédicale (…) qui a pour objectif de permettre aux personnes atteintes dans leur santé physique ou mentale de réaliser leurs activités quotidiennes dans les domaines des soins personnels, des activités domestiques, du travail et des loisirs. L’ergothérapeute est (…) un intervenant incontournable dans le processus de réadaptation, d’adaptation et d’intégration sociale des personnes en situation de handicap ou en perte d’autonomie.
Extrait de la définition du Syndicat des Instituts de Formation en Ergothérapie Français (SIFEF)

Manier des couverts pour manger, enfiler ses chaussettes, écrire, se laver… sont des pratiques quotidiennes a priori faciles à réaliser, mais qui peuvent relever de la gageure en cas d’accident vasculaire cérébral, de commotion, de fracture, d’amputation…

L’ergothérapeute est un spécialiste de la ré-éducation. Il tend à « maintenir, donner ou redonner un niveau d’indépendance et d’autonomie optimal au patient » qui lui est confié en veillant à s’adapter à ses contraintes propres.

Mais il doit aussi faire preuve d’imagination pour trouver des solutions pratiques aux difficultés engendrées par certains handicaps.

Selon les cas concernés, l’ergothérapeute peut être amené à travailler en équipe avec le kinésithérapeute, l’orthophoniste, voire l’assistante sociale.

Durée :  3 ans.

Coût en formation initiale : les frais de scolarité varient de quelques centaines d’euros à plus de 6000 euros selon le statut des établissements et les financements régionaux dont ils bénéficient.

Diplôme d’Etat d’ergothérapeute (DEE).

Admission : Il existe un peu moins d’une trentaine d’instituts de formation en ergothérapie. L’inscription se fait via la plateforme Parcoursup (sur dossier, voire entretien).

Modalités d’exercice : la plupart des ergothérapeutes sont salariés d’un hôpital ou d’un centre médico-social, mais ils peuvent aussi exercer en libéral.

L'ergothérapie au quotidien

par Clémence Chassan | Ergothérapeute

Ce qu'il faut savoir sur l'ergothérapie

Questions à Jean-Michel Caire

Ergothérapeute • Responsable pédagogique de l’Institut d’ergothérapie de Toulouse

Quelles sont les qualités requises pour devenir ergothérapeute ?

En reprenant les attendus et critères nationaux de Parcoursup, les jeunes qui souhaitent devenir ergothérapeute doivent disposer d’aptitudes relationnelles pour être en communication avec des personnes en situation de handicap et fragilisées par un accident de la vie que ce soit au niveau physique, psychologique ou cognitif.

Bien entendu ils doivent avoir un attrait pour la santé et le social, l’ergothérapeute est bien au carrefour du médico-social. Il doit disposer d’une capacité d’analyse pour être capable de comprendre les situations de handicap dans le contexte de vie, analyser les conséquences de le pathologie sur le quotidien et construire avec la personne et l’équipe le projet de soins. Là encore c’est une profession qui est au carrefour d’une approche scientifique mais aussi littéraire à travers la mise en place de synthèse relatant la situation. Enfin l’ergothérapeute est plutôt curieux, créatif et il s’adapte aux situations rencontrées.

Le plus important c’est la motivation pour une profession qui est au cœur du quotidien des personnes en situation de handicap. Bien entendu l’ergothérapeute travaille dans le cadre aussi de la prévention pour limiter les risques de problème de santé. Il est donc important qu’il ait des aptitudes pour anticiper les événements.

Quels sont les enseignements de spécialité à privilégier au lycée pour suivre une formation en ergothérapie ?

Les enseignements sont bien entendu scientifiques (SVT, physique, mathématique) mais pas uniquement; le français, les langues et principalement l’anglais sont importants. Avoir une culture générale en s’intéressant à l’histoire, géographie, philosophie sont des atouts. Enfin développer des compétences artistiques et sportives peuvent favoriser la candidature dans ce type de formation

SIFEF, ANFE, UNAEE, CNPE, SYNFEL ERGOLIB … pour quelles raisons existe-t-il autant d’instances représentatives alors même que l’ergothérapie est une profession paramédicale reconnue et réglementée ?

L’ergothérapie au niveau international est très représentée (on les appelle : occupational therapist). Nous sommes des professions de la réadaptation, du maintien à domicile, d’une approche plus de prévention que du curatif. Aujourd’hui nous n’avons pas encore de remboursement CPAM et pourtant le rôle essentiel dans le parcours de soin à long terme n’est plus à prouver, de nombreuses études internationales l’attestent.

Le paysage de la santé en France change avec une plus grande part donnée à la qualité de vie et l’engagement des personnes en situation de handicap dans notre société. L’ergothérapeute fait partie des acteurs qui favorise la reprise des activités de vie quotidienne dans son milieu de vie. Ces instances représentatives de l’ergothérapie en France sont des leviers de changement pour notre politique de santé.

difficultés de lecture

Orthophonie : comment devenir orthophoniste ?

La pratique de l’orthophonie comporte la promotion de la santé, la prévention, le bilan orthophonique et le traitement des troubles de la communication, du langage dans toutes ses dimensions, de la cognition mathématique, de la parole, de la voix et des fonctions oro-myo-faciales. L’orthophoniste dispense des soins à des patients de tous âges présentant des troubles congénitaux, développementaux ou acquis. Il contribue notamment au développement et au maintien de l’autonomie, à la qualité de vie du patient ainsi qu’au rétablissement de son rapport confiant à la langue. L’exercice professionnel de l’orthophoniste nécessite la maîtrise de la langue dans toutes ses composantes (…)
Code de la Santé publique

Difficultés d’alimentation du nourrisson, soucis d’apprentissages de l’enfant, problème de bégaiement de l’adolescent, séquelles d’un AVC chez l’adulte… l’orthophoniste est un professionnel de santé à même d’intervenir sur prescription médicale pour des publics et des pathologies variés.

Il peut par exemple procéder à un bilan orthophonique pour dépister d’éventuelles difficultés ou troubles du langage chez les plus jeunes et envisager les solutions pour y remédier.

Toutes les facettes du langage (écrit et oral) relèvent de ses champs de compétences : expression, interaction sociale, symbolisation…

Le statut légal de la profession est institué depuis 1964 et sa pratique a fait l’objet de plusieurs décrets.

Durée de la formation : 5 ans dans l’un des quelques 22 centres de formation universitaires en orthophonie présents en France.

Coût en formation initiale : les frais de scolarité avoisinent les 500 euros.

Diplôme : Certificat de Capacité d’Orthophoniste (CCO), conférant le Grade de Master.

La formation est accessible aux titulaires du baccalauréat. L’inscription s’effectue sur Parcoursup et la sélection sur dossier puis après passage d’un entretien.

Modalités d’exercice : la grande majorité des quelques 30.000 orthophonistes en activité en France exercent en libéral ou mixte (libéral et salarié d’un hôpital ou d’un centre médico-social).

L'orthophonie au quotidien

par Elodie Pascual | Orthophoniste

Ce qu'il faut savoir sur l'orthophonie

Questions à Alice Perdereau

Vice Présidente chargée de l’Accès à la vie professionnelle au sein de la Fédération Nationale des Orthophonistes (FNO)

Quelles sont les qualités requises pour devenir orthophoniste ?

Les études en orthophonie durent 5 ans et sont intenses; il y a beaucoup d’heures de cours et de stage. En tant qu’étudiant.e il faut donc être studieux.euse, avoir de bonnes capacités d’apprentissage et être rigoureux.euse. En tant que professionnel, l’orthophoniste reçoit des patient.es qui ont parfois des pathologies neurologiques lourdes mais également des parents ayant un enfant atteint d’un handicap, il est donc important d’avoir de l’empathie et de la bienveillance.

Certaines prises en soin peuvent être longues avec des progrès minimes, par exemple un enfant atteint d’autisme. Un orthophoniste doit donc être patient.e.

L’orthophoniste reçoit également des enfants ayant des troubles du langage oral et écrit. Il doit donc être pédagogue et créatif pour s’adapter à chaque patient.e. De plus, l’orthophoniste doit savoir travailler en équipe et être sociable. En effet de plus en plus de professionnels de santé s’installent en cabinet pluri professionnels et des réseaux de territoires se mettent en place, parallèlement l’orthophoniste est en lien avec les autres acteurs de soin autour de l’enfant ou de l’adulte et les instituteurs/trices.

Enfin, la plupart du temps l’orthophoniste gère seul.e son emploi du temps. Il faut donc des capacités de gestion administrative comme la gestion de planning, de liste d’attente et l’accueil téléphonique.

Quels sont les enseignements de spécialité à privilégier au lycée pour suivre une formation en orthophonie ?

Il n’ y a pas forcément d’enseignement de spécialité à privilégier au lycée. Sur Parcoursup, une attention particulière sera portée aux notes de français et de philosophie mais également aux notes obtenues dans les matières scientifiques.

Existe-t-il des possibilités de poursuite d’études à l’issue du certificat de capacité d’orthophoniste ?

Oui il est possible de poursuivre vers un doctorat et faire de la recherche. Il est également possible de faire des DU dans différents domaines concernés par l’orthophonie.

pratique de la réfloxologie

Réflexologie : comment devenir réflexologue ?

Praticien en relation d’aide et gestion du stress, le réflexologue agit sur le bien-être d’un individu. Il intervient manuellement sur certaines parties du corps dites « réflexes » (voûte plantaire, visage, oreilles…) dans une perspective de relâchement des tensions, de relaxation et de détente.

Cette « médecine complémentaire » (selon l’OMS) s’inscrit dans une approche manuelle et non médicamenteuse qui vise au mieux-être de l’individu.

La méthode utilisée trouve son origine dans la cartographie créée par la physiothérapeute Eunice Ingham à la fin des années 30, qui définit les 10 zones réflexe de la voûte plantaire.

Chacune de ces zones correspondant à une partie spécifique du corps, l’application de pressions ciblées sur l’une ou l’autre de ces zones contribuent à libérer les tensions accumulées et à libérer les capacités du corps à s’auto-réguler.

Plus largement, le réflexologue peut mettre en oeuvre des techniques touchant d’autres parties du corps : le visage, le crâne, les mains…

La formation n’étant pas sanctionnée par un diplôme d’Etat et les référentiels métiers pouvant varier d’une formation à l’autre, il conviendra de privilégier une école apte à délivrer un titre professionnel inscrit au RNCP de niveau 5 (bac+2) ou 6 (bac+3).

Celui-ci répond à un cahier des charges (blocs de compétences) précis et est considéré comme adapté au marché de l’emploi.

Plus couramment exercée en indépendant, la réflexologie est pratiquée dans des secteurs variés (en cabinet, dans des EPAHD, des clubs de sports, des hôtels ou des SPAS…).

Durée :  2 à 3 ans selon les formations (le standard européen de la profession est fixé à 300 heures).

Admission : le programme de formation est ouvert aux titulaires du baccalauréat ou aux élèves ayant le niveau Bac. A date, seules 2 écoles bénéficient du titre RNCP (niveau 5) :
• Le Centre de formation du Sud-Est forme ses stagiaires en 440 heures pour 4600 euros,
• A fleur de peau propose une formation en 308 heures pour 7000 euros.

Modalités d’exercice : en libéral dans les centres de massage, les hôtels, à domicile…

La réflexologie au quotidien

par Alexandra Lemercier | Réflexologue

Ce qu'il faut savoir sur la réflexologie

Questions à Elisabeth Breton

Présidente de L’association des Réflexologues certifiés RNCP • Membre du Comité Scientifique Régional de l’Association La Douleur et le Patient Douloureux (LDPD) • Membre de la Chambre Nationale des Professions de la Santé Durable • Auteure (Réflexologie pour la forme et le bien-être • Réflexologie, un vrai remède au stress • Réflexologie Faciale et Crânienne • Stress, ça vous parle ?)

Quelles sont les qualités requises pour devenir réflexologue ?

L’écoute, la bienveillance, l’altruisme, la curiosité, aimer le toucher, la capacité de verbaliser son savoir faire et maitriser les différentes pratiques en réflexologie, la patience et la persévérance.

Comment expliquez-vous qu’il existe plusieurs « réflexologies » et donc autant de disparités dans les référentiels métier ?

Il existe plusieurs « types de réflexologies » parce qu’il existe plusieurs manières d’aborder les stimulations des zones réflexes (plantaire, palmaire, faciale, auriculaire…). Le premier référentiel élaboré et validé en 2015 au RNCP (Centre de formation Elisabeth Breton) contenait des notions plus générales sur la pratique de la réflexologie et la vision du métier de réflexologue. Ce référentiel a pu s’appliquer à toutes les écoles de réflexologie.

Les autres centres qui ont obtenu les titres de « réflexologue » par la suite (cinq à ce jour référencés au RNCP) avaient plutôt visé dans leurs référentiels leurs spécificités (approches ou techniques spécifiques utilisée pour les stimulations des zones réflexes, par exemple : énergétique chinoise, dien’chan,…), du coup, nous nous retrouvons avec 6 référentiels différents représentant ou décrivant le métier de réflexologue ! Dommage de ne pas avoir un SEUL référentiel représentant le métier de réflexologue dans sa globalité.

Nous avons collaboré avec ONISEP pour donner une vision du métier et une fiche métier de réflexologue RNCP a été diffusée sur le site de l’ARRNCP (Organisation professionnelle représentant les réflexologues certifiés RNCP).

séance sophrologie

Sophrologie : comment devenir sophrologue ?

La sophrologie peut être définie comme une école active et positive de l’existence et de la conscience de soi (…) La sophrologie s’inscrit à la fois comme courant scientifique, philosophie existentielle et méthode professionnelle, grâce et uniquement grâce à son fondateur : Alfonso Caycédo.
Extrait « Les 20 grandes questions pour comprendre la sophrologie » • Editions Michalon

Pratique de nature psycho-corporelle, la sophrologie est utilisée, en complément éventuel d’un suivi médical spécifique, pour de nombreuses affections : troubles du sommeil, acouphènes, anxiété, stress, phobies, maladies chroniques…

Selon le dysfonctionnement concerné, le sophrologue utilise un ensemble de techniques « centrées sur une respiration consciente, une attention positive soutenue, l’accueil phénoménologique des émotions et des pensées ou encore l’activation du corps à la conscience ».

Si elle n’entre pas dans le champ des pratiques réglementées, la sophrologie peut néanmoins être enseignée dans un environnement éthique et pédagogique qui contribue à professionnaliser l’activité.

Dans le cadre du 1er cycle de formation (Fondamental), certaines instances (tels que la Société Française de Sophrologie, le Syndicat des Sophrologues Professionnels…) ont ainsi fixé des critères permettant de sécuriser le parcours de formation. Il conviendra par exemple de privilégier les écoles qui dispensent un minimum de 300 heures d’enseignement et de pratique, qui délivrent un titre inscrit au RNCP, qui ont adhéré à une organisation professionnelle…

Des « spécialisations » peuvent compléter la formation initiale du sophrologue praticien selon ses souhaits de pratique : Relation d’aide, Troubles émotionnels, Phénoménologie existentielle…

Durée de la formation : 2 ans (300 heures et plus).

Coût (individuel) : les frais de la formation dépassent le plus souvent les 3000 à 4000 euros.

A ce jour, seules 4 organisations sont habilitées par France Compétence à délivrer un titre RNCP de niveau 5 de sophrologue praticien.

Modalités d’exercice : quels que soient leurs champs d’application (éducation, sport, entreprise…), les sophrologues exercent le plus souvent en indépendant. Ils interviennent dans le cadre de séances individuelles ou de groupe, pour les besoins des plus jeunes au plus âgés.

La sophrologie au quotidien

par Florence Le Quéré | Sophrologue praticienne

Ce qu'il faut savoir sur la sophrologie

Questions à Anne Almqvist

Sophrologue • Directrice de l’Ecole Supérieure de Sophrologie Appliquée • Membre du Conseil d’Administration de la Société Française de Sophrologie (SFS) • Membre du Syndicat des Sophrologues Professionnels (SSP)

Dans un article de mars 2018 consacré à la sophrologie, Anne Almqvist répondait aux questions de Tonavenir.

Voir l’article

danse thérapie

Arts-thérapies : comment devenir art-thérapeute ?

Les arts-thérapies constituent une pratique de soin fondée sur l’utilisation thérapeutique du processus de création artistique.
Définition du Syndicat Français des Arts-thérapeutes (SFAT)

La définition proposée par le Syndicat Français des Arts-Thérapeutes est aussi succincte que les pratiques artistiques sollicitées sont étendues.

Peinture, sculpture, chant, cinéma, théâtre, poésie, expression corporelle… de nombreuses spécialités sont exploitées pour « accompagner les personnes dans leur processus de création ».

Bien qu’en France ces pratiques ne soient pas réglementées, certains, comme le SFAT, nourrissent l’espoir de définir un référentiel métier qui ferait des arts-thérapies « une pratique professionnelle éthique et responsable ».

Mises en oeuvre dans le cadre de séances individuelles ou d’ateliers en groupe pour des profils (enfants, adolescents, adultes…) et dans des contextes (hôpitaux, maisons de retraite, structures pénitencières…) variés, les arts-thérapies se déclinent ainsi dans des registres aussi différents que la clown-thérapie, la danse-thérapie, la dramathérapie, la musicothérapie…

Objectifs ? Aider les individus rencontrant des difficultés pour entrer en contact verbal avec autrui, pour structurer leur pensée ou encore mettre des mots sur leurs émotions, en utilisant un biais artistique et créatif adapté.

Comme son nom le laisse supposer, les arts-thérapies ne peuvent être envisagées sans d’une part la maîtrise d’une ou plusieurs pratiques artistiques et d’autre part la connaissance d’un processus thérapeutique idoine. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de pouvoir justifier d’une formation (ou à minima d’une pratique) artistique pour escompter suivre l’une des formations existantes.

Le SFAT œuvre avec énergie pour la reconnaissance et la protection du titre. Pour cela un travail de structuration et de construction est en cours. Les organismes de formation y sont associés, de même que les associations et fédérations nationales représentantes des différentes spécialités des arts-thérapies dont l’AND, Association nationale de dramathérapie, la SFDT, Société française de danse thérapie, qui sont adhérentes au SFAT, de même que la FFM, Fédération française de musicothérapie et l’AFM, Association française de musicothérapie dans une démarche de réflexion collégiale. Le SFAT est également en lien avec les représentants des arts-thérapies en Europe et dans le monde.

N.B : au singulier, l’art-thérapie renvoie aux arts plastiques uniquement, tandis que les arts-thérapies (au pluriel) désignent l’ensemble des spécialités artistiques.

Durée : elle varie selon la formation concernée et le diplôme délivré.

Diplôme Universitaire (DU) art-thérapie : en 1 an après un bac+3 (le DU n’est pas un diplôme d’état, il est spécifique à un établissement, le programme peut donc différer de l’un à l’autre); il existe des DU d’arts-thérapies dans plusieurs villes de France.

Seul le Master proposé par l’Université Paris Descartes (campus de Boulogne Billancourt) est dédié à l’art-thérapie (Création Artistique-Art Thérapies) : en 2 ans après un Bac+3.

Enfin, sous réserve d’une pratique artistique confirmée, certaines formations sont habilitées à délivrer une certification professionnelle (titre RNCP actif de niveau 6) : l’Institut National d’Expression de Création et Transformation (INECAT) et l’Institut de Recherche et de Formation en Art-Thérapie (IRFAT).

Les arts-thérapies au quotidien

par Angela Evers | Art-thérapeute • artiste-plasticienne

Ce qu'il faut savoir sur les arts-thérapies

Questions à Emilie Mégas

Art-thérapeute • Secrétaire du SFAT

Quelles sont les qualités requises pour devenir art-thérapeute ?

Les critères suivants sont recommandés par le Syndicat Français des Arts-Thérapeutes, pour l’entrée en formation d’arts-thérapies :

  • Être titulaire d’un diplôme ou d’un certificat de niveau bac +2 ou équivalent
  • Justifier d’une formation artistique et d’une pratique artistique personnelle régulière d’au moins 5 années
  • Être engagé dans une démarche de connaissance de soi

Parmi les qualités attendues du candidat :

  • La connaissance approfondie d’au moins un art grâce à une pratique régulière qu’elle soit professionnelle ou en pratique amateur.
  • La maturité que chacun acquiert au cours de son parcours de vie singulier.
  • Être dans une démarche de connaissance de soi, engager une thérapie personnelle en amont de sa formation et la poursuivre autant que possible.
  • Dynamisme, rigueur, professionnalisme, respect … (la liste n’est pas exhaustive) sont autant de qualités qui viennent renforcer le savoir-faire du professionnel qui se destine aux arts-thérapies.

Comme tous les professionnels du soin, le futur art-thérapeute devra rester dans une démarche de curiosité et de perfectionnement constant par rapport à son métier et à ses outils. Garant du cadre dans lequel il accueillera les personnes, souvent en grande fragilité/en état de grande dépendance, il devra se montrer professionnel, humain et rigoureux. En cela il saura trouver la juste place au sein des équipes dont il fera partie, et pourra mobiliser son réseau le cas échéant pour la meilleure prise en soin possible.

Quels sont les enseignements de spécialité à privilégier au lycée pour suivre une formation en arts-thérapies ?

Actuellement en l’absence de titre protégé et d’unité dans le socle de formation en arts-thérapies, le parcours pour se former est pluriel. Les arts-thérapies constituent un champ professionnel dont le parcours initial est souvent lié au secteur médico-social, de la santé (ex : infirmier diplômé d’état, médecins, psychologues…) ou de l’art (artiste plasticien, acteur, danseur, graphiste, musicien…). Les enseignements spécialisés à privilégier au lycée pourraient être liés à l’art au sens large (option art/danse/théâtre/musique…), ou bien en lien avec le bac soutenu (médico-social, littéraire).

Existe-t-il un lien entre la discipline artistique que maîtrise l’art-thérapeute et la nature du ou des dysfonctionnements pouvant être traités ou encore le type de thérapie à envisager ? Faut-il par exemple préférer la musique pour soulager une personne dépressive ? Le dessin s’inscrit-il dans un protocole thérapeutique spécifique ?

On ne peut présager de la réussite de telle ou telle pratique spécifique. De nombreux courants et spécialités offrent un large panel d’accompagnements possibles en arts-thérapies. La première des étapes serait donc de s’assurer que le professionnel des arts-thérapies s’est convenablement formé à la pratique et poursuit le développement de ses compétences professionnelles par un parcours de formation continue incluant une supervision régulière.

La spécialité de l’art-thérapeute peut être la première motivation pour amorcer un accompagnement. Mais c’est la rencontre humaine qui est primordiale : « ce professionnel que je rencontre m’offre-t-il un espace de confiance et de respect dans lequel je pourrai, en toute sécurité, explorer et transformer mes affects? ». Comment seront accueillis les contenus psychiques exprimés par l’acte de créer (par le mouvement, le son, la trace…) ?

Les recherches francophones sont encore peu nombreuses pour affirmer qu’une méthode est plus justifiée qu’une autre pour soigner une affection spécifique. Il serait même plutôt juste de pouvoir envisager les différents espaces psychothérapeutiques comme complémentaires et cela même dans le champ spécifique des arts-thérapies. L’importance du travail en réseau est encore une fois primordiale, le parcours de soin des patients doit rester au cœur de nos pratiques.

Diversité des formations, des programmes, des diplômes, des tarifs… il n’est pas aisé de se retrouver dans cette offre éclectique. En l’absence de référentiel métier, que conseiller à un lycéen qui envisage de devenir art-thérapeute ?

En effet, il existe de nombreux organismes de formation, chacun soutenant des courants différents, aux contenus pédagogiques variés… En l’absence de titre officiel acté par décret national, aucune formation ne peut se prévaloir de donner le titre officiel ou titre d’Etat en France.

Le label RNCP, désormais QUALIOPI, est délivré aux organismes de formation qui en font la demande et qui remplissent une grille de critères de qualité liés particulièrement à leur méthodes et rigueurs pédagogiques. Il permet en outre un référencement et un possible financement par les fonds de formation (Compte personnel de formation pour les salariés, et par exemple le FIFPL pour les micro-entrepreneurs).

Le SFAT a élaboré des critères de qualité de formation. Ils ont été établis en lien avec les critères européens et particulièrement ceux des pays où les arts-thérapies bénéficient d’une reconnaissance d’Etat. Ces critères permettent aux futurs étudiants d’identifier avec objectivité les organismes de formation dont les exigences en termes de contenus pédagogiques, de durée de stage et d’atelier expérientiels, sont suffisamment élevés. Le SFAT insiste particulièrement sur la nécessité de suivre autant que possible sa formation en présence et non à distance.

Une fois la formation choisie en fonction des critères du SFAT, le futur étudiant pourra rencontrer les équipes pédagogiques au cours de week-ends ou de stage d’introduction que la plupart des organismes de formation proposent, puis évaluer ce qui est financièrement et géographiquement adapté à ses possibilités.

homme et chien médiation animale

Zoothérapie : comment devenir médiateur animal ?

La médiation par l’animal est une méthode d’intervention basée sur les liens bienfaisants entre les animaux et les humains, à des fins préventives, éducatives ou thérapeutiques. La qualité de l’apport de l’animal dans un programme de prise en charge repose sur la pertinence des objectifs et des moyens permettant d’organiser, de mettre en œuvre et d’évaluer l’action entreprise.
Fondation Adrienne et Pierre Sommer

La manipulation des corps endoloris que permettent la chiropraxie, l’ostéopathie ou la réflexologie ne vous tentent pas. L’ultrastructure et la physiologie des différents organites cellulaires étudiée en diététique pas davantage. Et vous n’avez pas les talents de danseur, de peintre, de comédien ou de musicien… que requièrent les arts-thérapies.

Si en revanche, l’affection des animaux vous est acquise, il est possible que la médiation par l’animal (ou zoothérapie) puisse contenter vos ambitions altruistes.

Berger, apiculteur, palefrenier soigneur… il existe d’innombrables métiers impliquant une forte proximité avec les animaux. Mais moins d’une dizaine de pratiques (Guide chien d’aveugle par exemple) offre la possibilité d’accompagner les humains grâce à eux.

L’intervenant en médiation par l’animal en fait partie. On parle aussi de zoothérapeute. Il peut intervenir pour des publics variés (enfants, adultes, personnes âgées) et pour des pathologies qui le sont tout autant (personnes en situation de handicap, dépression, troubles alimentaires ou du comportement…).

Il convient de noter que cette pratique sollicite des connaissances à la fois « médicales » ou médico-sociales s’agissant de l’individu, et « d’éthologie » s’agissant du comportement animal.

Ajoutons que pour ces dernières, une spécialisation par animal apparaît d’autant plus souhaitable qu’il ne faut pas espérer mobiliser les mêmes qualités chez un chien ou un cheval.

Rares sont les praticiens qui ont cette double compétence. C’est la raison pour laquelle un projet de médiation animale est le plus souvent développé dans le cadre d’un binôme médiateur animal et profession de santé ou profession du social (psychologue, psychomotricien, éducateur…).

Par ailleurs, la médiation animale n’est pas un métier réglementé; elle s’apparente davantage à un soin ou une pratique sans reconnaissance officielle.

Dans ce contexte, 3 cas de figure peuvent être envisagés pour devenir praticien en médiation animale :

En formation initiale, seul le Master parcours Éthologie, parcours Comportement animal et humain est proposé à date par l’Université Rennes1. Mais il devra être complété par une expérience de terrain afin de garantir une intervention de qualité.

Plusieurs DU (Diplômes Universitaires) sont ouverts aux détenteurs d’un bac+3 pouvant justifier d’une expérience professionnelle de deux ans ou d’un Master adapté (psychologie, biologie, sociologie, anthropologie…) et d’une année d’expérience. L’Université Paris13 propose ainsi un DU Relations Homme/Animal – Médiation, Thérapie, et bien-être animal.

Certaines formations privées disposent de labels (Qualiopi, Datadock…) à même de garantir la fiabilité professionnelle de leur enseignement. C’est par exemple le cas d’Umanima Formation ou de l’association Equitaide (spécifique à la médiation équine).

La zoothérapie au quotidien

par Emmanuel Doumalin | Zoothérapeute et directeur Umanima formation

Ce qu'il faut savoir sur la zoothérapie

Questions à Boris Albrecht

Directeur de la Fondation Adrienne et Pierre Sommer

La Fondation est reconnue d’utilité publique, sous l’égide de la Fondation de France, désintéressée dans ses actions et ne fait pas appel à la générosité du public. Son rôle est de s’engager pour la médiation animale par la sensibilisation et le soutien aux initiatives et à la recherche. Depuis 20 ans elle a soutenu plus de 1000 initiatives dans les établissements sociaux, médico-sociaux, villes, prisons… pour un montant total de 10 millions d’euros.

Comment expliquer qu’il n’existe pas de référentiel métier pour la médiation animale ou même d’organisme capable de fédérer les nombreux acteurs autour de cette pratique ?

La médiation animale est à un tournant de son histoire et se structure étape par étape. Elle a su acquérir ses lettres de noblesse et s’ancrer au sein des institutions carcérales, sociales, médico-sociales, sanitaires…depuis une vingtaine d’années (cf. recensement national 2021 que nous avons réalisé).

Pourquoi pas de référentiel métier et de fédération ? Longtemps et encore aujourd’hui la terminologie employée a été très diverse en associant souvent le terme, à tort, de thérapie à la présence animale : zoothérapie (qui étymologiquement signifie médecine vétérinaire et non soigné avec ou par l’animal) activités thérapeutiques associant l’animal, thérapie par l’animal… Cela a posé d’emblée des difficultés brouillant les repères de « qui fait quoi ? » et « comment », laissant croire que l’animal aurait le pouvoir de guérir l’humain.

Si dans les pratiques actuelles, la grande majorité des professionnels du sanitaire ou médico-social sont compétents pour proposer une activité sociale, thérapeutique ou éducative avec une présence animale, on a observé par ailleurs que des intervenants se sont autoproclamés thérapeutes (voire formateurs) sans qualification aucune, ni humaine, ni animale, faisant par la même les beaux jours de nombreux organismes de formations proposant des diplômes (coûteux) sans aucune valeur officielle et intrinsèque.

Aujourd’hui, on n’échappe pas donc à une concurrence entre les prestataires entre eux (intervenants en médiation animale) d’une part, et les organismes de formations d’autre part. Cette situation n’encourage pas à la fédération de l’ensemble des acteurs ni à une harmonisation d’un référentiel métier.

Quelles sont les qualités requises pour devenir médiateur animal ?

L’écoute et l’observation. Il faut savoir s’adapter et moduler les séances lorsque cela est nécessaire. La médiation animale n’est pas une finalité en soi. C’est une passerelle vers d’autres dispositifs de prise en charge.

Quels sont les enseignements de spécialité à privilégier au lycée pour suivre une formation en médiation animale ?

C’est le rapport aux autres qui prime. Donc, plutôt des spécialités liées à l’humain (humanité) et à la connaissance des animaux (SVT) dans les filières générales.

Dans les filières spécifiques, tout ce qui concerne le médico-social et la connaissance des animaux est un bon moyen de se sensibiliser à la question.

D’une manière générale, il faut avoir a minima une connaissance de la prise en charge des populations humaines (secteur de la gérontologie, de l’éducation spécialisée auprès de personnes en situation de handicap…).

On peut ensuite compléter avec une formation dédiée à l’animal (éducation canine, éthologie équine, etc.). Si l’on souhaite s’orienter vers cette voie, il faut cependant cibler et définir ses objectifs (avec quel animal je souhaite travailler et auprès de quelle population ?). Ce n’est pas la même chose d’intervenir auprès de personnes âgées avec un chien et des jeunes placées par l’Aide Sociale à l’Enfance avec des équidés.

En l’absence de reconnaissance officielle, quel parcours de formation conseiller à un lycéen qui souhaite combiner sa passion pour un animal et son envie de soigner ?

Les formations en travail social sont une bonne voie d’entrée (éducation spécialisée) ou celles du secteur paramédical (psychomotricité, orthophonie…). Elles peuvent parallèlement ou a posteriori être complétées par des formations spécifiques liées à l’animal. L’expérience est également capitale dans le domaine de la médiation animale. Pour l’acquérir, rien de mieux que de participer à des ateliers existants dans les institutions qui en mettent en place.

Pour la plupart des professions et pratiques présentées, une poursuite d’études est possible après obtention du diplôme concerné. Qu’il s’agisse d’une reconversion vers un autre métier, d’une « passerelle » ou encore d’un accès à un niveau universitaire supérieur (master, puis éventuellement en doctorat).

Remerciements

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