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Envie de partir faire des études de médecine en Roumanie ?

« On croit que les rêves, c’est fait pour se réaliser. C’est ça, le problème des rêves : c’est que c’est fait pour être rêvé » disait Coluche. Pour Yuna, comme pour Garance, sa co-locataire, le rêve de pratiquer un jour la médecine est pourtant en passe de se réaliser. Après leur échec en PACES, les deux jeunes femmes ont choisi de faire leurs études de médecine en Roumanie.

À Cluj-Napoca pour être précis.

Quand étudier la médecine en Roumanie n’est pas toujours bien vu en France

À Cluj-Napoca, les études de médecine coûtent 6000 euros par an. Bien qu’assez largement moins onéreuse que dans d’autres pays de l’UE, tel que l’Espagne, cette formation privée s’avère néanmoins bien moins accessible qu’en France, où les frais d’inscription ne dépassent pas les 200 euros pour le 1er cycle.

Un argument financier brandi à bout de stéthoscope par celles et ceux qui contestent le droit des étudiants français partis étudier la médecine à l’étranger à effectuer leur 3e cycle en France au moment des ECNi (Epreuves Classantes Nationales informatisées).

À l’instar du Professeur Legmann (ancien président du Conseil de l’ordre des médecins), qui avait en son temps « vivement protesté contre ce contournement des difficultés » qui profite aux familles aisées.

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Sans chercher à entretenir la polémique sur le sujet, on pourrait objecter :

  • qu’une estimation du coût réel des études de médecine en France nécessiterait de prendre en compte le coût de la vie (logement, nourriture…) et accessoirement les frais des cours et préparations privés assez largement plébiscités par les étudiants,
  • qu’à l’inverse, le coût de la vie en Roumanie est près de 50% moins élevé qu’en France,
  • qu’en vertu de l’équivalence des diplômes au sein de l’UE, les années d’études validées en Roumanie octroient 360 ECTS et doivent permettre de poursuivre dans un autre pays de l’UE.

Sur ce dernier point, les tentatives d’interdire par décret à ces étudiants français privilégiés le droit de passer les ECNi à leur retour du pays de Dracula se sont d’ailleurs soldées en 2013 par une fin de non recevoir du Conseil d’Etat.

Des étudiants ainsi qu’une association sollicitaient du Conseil d’État l’annulation des dispositions du 2° du I de l’article 1er et de l’article 3 du décret n° 2011-954 du 10 août 2011. Le Conseil d’État a fait droit à leur requête en considérant que…
« [les dispositions du 2° du I de l’article 1er du décret du 10 août 2011], qui [interdisent] aux étudiants n’ayant pas réussi à valider en deux ans la première année commune aux études de santé de poursuivre leurs études médicales en France et de se présenter aux épreuves donnant accès au troisième cycle, [ont] pour effet de priver les étudiants se trouvant dans cette situation et ayant poursuivi leurs études au-delà de la première année dans un État membre de l’Union européenne (…) d’accéder au troisième cycle d’études médicales en France, bien qu’ils soient titulaires d’un diplôme dont l’équivalence avec le titre français est reconnue (…); qu’ainsi, [elles introduisent] une différence de traitement entre les étudiants qui ont accompli la totalité de leur formation dans l’un des États mentionnés ci-dessus (…) ;  que, toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que le motif ainsi énoncé permettrait de caractériser un intérêt général lié à la politique de santé publique suffisant pour justifier légalement la distinction établie par la disposition litigieuse ; que, dès lors (…) l’association requérante est fondée à soutenir que les dispositions du 2° du I de l’article 1er du décret attaqué méconnaissent le principe d’égalité et à en demander l’annulation; (…) ».

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D’autres font valoir que la formation roumaine ne vaudrait pas celle proposée en France. Une affirmation corroborée par les modestes classements obtenue aux ECNi par les jeunes français ayant étudié en Roumanie.

Omettant de préciser que ces derniers n’ont pas accès, à date, au SIDES (Système informatique distribué d’évaluation en santé), qui permet en revanche à leurs confrères hexagonaux de se préparer aux épreuves.

Et se gardant tout autant de mentionner que si quelques cas de renvoi pur et simple ont pu être observés parmi les étudiants français ayant passé 6 ans en Roumanie, d’autres ont réussi à se classer parmi les 200 premiers aux ECNi.

Et pour celles et ceux qui douteraient encore que la formation de médecine proposée par la Roumanie est comparable à celle d’autres pays de l’UE, citons l’Ambassade de France à Bucarest :

Les universités roumaines sont évaluées par un consortium constitué par l’ARACIS (équivalent de la HCERES française), des représentants d’organisations étudiantes, le Centre National de la Recherche Scientifique roumain (CNCS), le CNATDCU (Conseil national pour les titres, diplômes et certificats) et des experts internationaux.
Les universités de médecine et pharmacie de Cluj-Napoca et Iasi ont été classées dans la catégorie « université d’excellence en recherche et éducation » (catégorie I).

Ce qu’il faut savoir avant de partir étudier la médecine en Roumanie

Se préparer à vivre à l’étranger

Cluj-Napoca n’est certes qu’à 2h30 de vol de Paris. Quant à son université de médecine, elle compte largement plus d’un millier d’étudiants français, soit autant d’amicales opportunités de rencontres sur place.

Et depuis le suicide de deux étudiantes françaises en 2015, des dispositions ont été prises pour accompagner les étudiants étrangers dans leur nouveau parcours de vie et faciliter leur intégration.

Les étudiants sont soumis à une très forte pression des études, des devoirs de performance, des espérances familiales. On sait très bien qu’un étudiant sur cinq ne va pas bien.
Pascal Pannetier, psychiatre missionné en 2015 pour évaluer la situation – Source : Radio France.

Reste qu’à 20, 21 ou 22 ans, l’éloignement familial, les différences de cultures, les particularités de la langue, la durée des études (6 ans)… constituent des handicaps qui ne doivent pas être pris à la légère. Un séjour de quelques jours sur place pour découvrir son futur environnement peut s’avérer opportun.

Ajoutons qu’au regard des multiples possibilités offertes, nombre d’étudiants français choisissent de prolonger leur expatriation roumaine dans un autre état de l’Union Européenne. L’Allemagne, la Suisse, la Belgique, la Suède… font ainsi partie des destinations préférées des diplômés qui souhaitent faire leur internat dans un autre pays que le leur.

Certains nous ont confié que les conditions de travail dans les hôpitaux français n’étaient pas étrangères à ce choix. Sans doute de mauvais esprits !

Les modalités d’admission à Cluj-Napoca

À l’Université de Médecine et de pharmacie Iuliu Hatieganu de Cluj-Napoca, comme pour la plupart des autres formations payantes du pays, la sélection des étudiants étrangers, si tant est qu’on puisse la nommer ainsi, se fait sur dossier et seulement sur dossier. Ni concours, ni entretien préalables ne sont requis. Une procédure relativement simple que les opposants ont largement exploité pour critiquer la qualité de l’enseignement local.

La liste des pré-requis et des documents à fournir est détaillée sur le site de l’université.

S’il n’est pas nécessaire d’obtenir un visa d’études pour les ressortissants de l’UE, ceux-ci devront en revanche demander un Certificat d’enregistrement (CNP) pour vivre en Roumanie.

Des études en français

C’est l’un des grands avantages de l’université de Cluj : les cours sont dispensés en français. Les étudiants devront toutefois se familiariser avec la langue de Cioran et de Ionesco afin de pouvoir, dès la 3e année, échanger avec les patients des hôpitaux de la ville.

Par ailleurs, si les diplômes et la durée des études ont été uniformisés pour l’ensemble des états de l’UE, chaque pays reste libre de choisir l’approche et les contenus pédagogiques qu’il souhaite privilégier. Comme l’indiquent Yuna Querné et Rafik Lecheb dans la vidéo, une grande importance est accordée à la pratique.

Chaque été, les étudiants ont d’ailleurs l’obligation de faire un stage au sein d’un hôpital de leur pays d’origine.

Enfin, tous les ans, signe de l’importance accordée par l’université au efforts et au travail fournis, les 10 étudiants les mieux classés se voient offrir la moitié de leurs frais de scolarité.

Soit environ 3000 euros tout de même !

Que va changer le projet de réforme du système de santé d’Emmanuel Macron ?

Suppression de la PACES dans 2 ans, fin programmée du numerus clausus (2021) et donc des ECNi tels qu’ils existent aujourd’hui, refonte de la plateforme SIDES, rebaptisée SIDES Nouvelle Génération pour l’occasion… si certaines pistes émergent, plusieurs volets de la réforme ne sont pas encore totalement définis. De nombreuses modalités restent à préciser et aucun calendrier précis n’a été arrêté.

Les étudiants partis se former à l’étranger devraient en revanche apprécier l’annonce de l’UNESS qui proposera très prochainement un accès payant aux ressources pédagogiques de la Base National d’Entraînement, susceptibles d’être utilisés par les jeunes souhaitant intégrer un 3e cycle de médecine en France.

Pour vous faire conseiller sur les formations dans le domaine de la santé, consultez-les !

2018-11-10T11:10:22+00:00