Il n’a que quelques mois d’existence et il a déjà profondément transformé nos vies. Pendant le confinement, Covid-19 a notamment perturbé les cours et les révisions de quelques 15 millions de jeunes. Quant au futur de l’enseignement et des formations post bac, la plupart des acteurs concernés peinent encore à en dessiner précisément les contours.

Synthèse de ce qui a chamboulé la sphère de l’Éducation et de ce qui va et peut encore changer pour les lycéens et les étudiants…

classe et covid 19

Covid-19 et réformes de l’enseignement : télescopage inattendu

On commencerait presque à s’y habituer. La disparition des visages de nos concitoyens derrière des masques bleus, blancs, noirs ou multicolores est le marqueur le plus visible de la métamorphose engendrée par ce jeune et néanmoins actif coronavirus.

Hasard du calendrier, Covid-19 s’est aussi manifesté au moment où les réformes portées par Jean-Michel Blanquer depuis qu’il est Ministre de l’Education Nationale entrent dans leur phase finale.

La suppression des filières du Baccalauréat, l’apparition des enseignements de spécialité, l’instauration du contrôle continu, les mises à jour de Parcoursup, la réforme des études de santé… ont déjà sensiblement bouleversé le rapport aux études des collégiens, des lycéens et des étudiants.

covid 19 enseignement et formations post bacL’arrivée du coronavirus en ce début d’année 2020 n’a pas simplifié la situation.

Quarantaine prolongée oblige, pendant près de deux mois, des millions de jeunes ont été contraints de revoir leur façon d’apprendre.

Pour certains, qui d’ailleurs nous ont décrit en vidéo leur quotidien confiné, les choses se sont globalement bien passées.

Pour d’autres, qui ont pâti d’un accès Internet capricieux et/ou d’une configuration de l’espace familial inadaptée, les choses n’ont pas été aussi fluides.

Entre 5 et 8% des élèves ne sont pas atteints
Jean-Michel Blanquer à propos de l’école à distance – Public Sénat – 9 avril 2020

Examens, concours, inscriptions post bac, rentrée de septembre… ces jeunes ont dû aussi gérer les nombreuses incertitudes de l’après confinement.

Coronavirus, enseignement et formations : qu’est-ce qui change ?

Le 11 mai, le confinement a été levé. Les écoliers et certains collégiens ont pu, progressivement, selon le contexte sanitaire local et avec pléthore de précautions, reprendre le chemin des cours. Depuis l’annonce du Premier Ministre, les autres devront encore patienter un peu en fonction des zones concernées.

Oral de français validé par le contrôle continu : bientôt l’octroi du permis de conduire sur Playstation ?

Quelles ont été les principales répercussions de l’épidémie sur les études des lycéens et des étudiants ?

  • les épreuves écrites du baccalauréat ont été supprimées et remplacées par l’examen des dossiers scolaire dans le cadre du contrôle continu,
  • Jean-Michel Blanquer a confirmé le 28 mai qu’il en serait de même pour l’oral de français des élèves de première,
  • s’ils sont maintenus, les concours en présentiel des grandes écoles seront organisés entre le 20 juin et le 7 août et devront respecter des consignes sanitaires strictes,
  • les épreuves écrites (et orales selon les cas) des écoles post-bac sont remplacées par l’examen des dossiers déposés sur Parcoursup,
  • les modalités des partiels universitaires sont laissées à l’appréciation des établissements qui ont pour consigne de respecter la distanciation et donc de privilégier le contrôle continu, les examens à distance…
  • les E.C.N.i. (Épreuves Classantes Nationales Informatisées) seront mises en place durant la première quinzaine de juillet selon des modalités à définir,
  • le concours de la PACES sera organisé par les facultés à compter de fin juin,
  • les candidats au BTS disposant d’un livret scolaire seront évalués en juin sur la base de leurs résultats; les autres seront invités à passer leur examen à la rentrée de septembre.

apprendre à l'heure du coronavirus

Cours et concours à distance deviendront-ils la règle imposée par le coronavirus ?

Les décisions qui précèdent ont été prises dans l’urgence.

Mais il est possible que des évolutions plus durables voient le jour dans les mois et les années à venir en raison des risques que pourrait faire courir le virus et des contraintes de distanciation qu’il impose jusqu’à nouvel ordre.

Certaines formations ont d’ores et déjà anticipé ces risques.

covid 19 enseignement à distanceDes grandes écoles de commerce et d’ingénieur, quelques universités, Sciences Po Paris, les IEP de Province… souhaitent faire évoluer les modalités d’examen des candidatures pour 2021.

La prise en compte du dossier scolaire dès la seconde compte parmi les changements planifiés.

Beaucoup réfléchissent par ailleurs à l’éventualité d’élargir leurs façons d’enseigner. En donnant par exemple une place croissante aux cours à distance.

Ces mutations en cours ou envisagées constituent une pression supplémentaire pour les jeunes.

La nécessité d’améliorer son dossier scolaire dès la seconde en fait partie. Afin qu’il soit « attractif » deux ans plus tard et apte à séduire algorithmes, jurys et décideurs de l’enseignement supérieur.

Une contrainte précoce « d’excellence » qui ne ravira ni les adolescents circonspects, ni les lycéens adeptes du bachotage.

Les élèves de seconde auront aussi à choisir leurs 3 enseignements de spécialité. Ils devront donc avoir réfléchi, voire bien mûri leur projet de formation post-bac.

En résumé, ces changements s'inscrivent dans une logique qui voudrait que dès la seconde :

  1. des pistes de métiers envisageables et d’études soient listées,
  2. les spécialités choisies soient compatibles avec le projet d’orientation défini,
  3. les résultats scolaires suivent; autrement dit que les notes obtenues permettent de valoriser le dossier scolaire qui sera examinée en terminale.

Le terme de pression est-il exagéré ?

Ce coronavirus est un fléau sanitaire autant qu’un vecteur d’anxiété. Les choix d’orientation devront être anticipés au risque de fragiliser le devenir du jeune.

Le renforcement des résultats scolaires devra être rapide et durable afin de ne pas nuire au projet de formation envisagé.

Tout cela complexifie un parcours d’études qui n’était déjà pas aisé à appréhender compte-tenu des réformes engagées.

Covid-19 est une menace pour les collégiens, les lycéens et les étudiants. Elle s’apparente à la règle en bois ou en métal que maniaient jadis, avec un dextérité de psychopathe, des instituteurs tortionnaires sur les mauvais élèves et les rêveurs.

Dans le monde nouveau de l’enseignement auquel Covid-19 nous convie, le droit à l’erreur est-il encore une option ?

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