• parcoursup vs apb

De APB à Parcoursup ou les errements de l’inscription post-bac

L’un fut critiqué pour sa complexité, qui allait à l’encontre de sa promesse originelle de simplification, fustigé pour ces propensions à l’aléatoire et même haï parfois, tant il abandonna pléthore de ses utilisateurs aux portes closes de l’enseignement supérieur. L’autre était attendu tel un messie capable de fluidifier une procédure jugée injuste et inappropriée.

APB a rendu l’âme avant même d’avoir atteint sa 10e année, Parcoursup lui succède.

Multiples aménagements apportés à la version d’origine, création d’un MOOC didactique… Le système APB (Admission Post-Bac) a eu beau être l’objet de nombreuses tentatives d’amélioration, il fut blâmé pour avoir permis à la machine de s’émanciper du contrôle de ses démiurges.

Testé dès 2005 dans l’Académie de Nantes (et même à partir de 2003 au sein des Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles), généralisé à l’ensemble du territoire en 2009, le principe d’une candidature unique qui préfigurait la procédure APB était pourtant nécessaire. Les plus âgés n’auront pas oublié les conditions dans lesquelles l’inscription dans une filière dite sélective se déroulait : cumul des dossiers de candidatures, disparité des procédures et des calendriers d’inscription, opacité des critères de sélection des étudiants, files d’attente matinales devant les facultés…

Ces modalités kafkaïennes d’accès à l’enseignement supérieur favorisèrent certes une solidarité familiale d’autant plus importante que le nombre de candidatures visées était élevé. Mais elle conduisait aussi les bacheliers d’alors à postuler simultanément à plusieurs universités et à devoir patienter, parfois jusqu’au mois de septembre, pour connaître leur affectation. Autant de situations de doute et de stress pour les étudiants et d’incertitude et de confusion pour les établissements qui ne pouvaient perdurer.

Les deux objectifs majeurs de cet outil (APB) sont :

de l’information fiable, mise à jour et accessible à tous, sur les procédures d’admission dans les filières de l’enseignement supérieur d’une part et sur les caractéristiques essentielles des formations recensées par l’outil (10 440 en 2012) d’autre part ;

recueillir et traiter, de façon automatisée et interactive, les candidatures des postulants à la première année d’études supérieures, en visant à optimiser les propositions d’admission en fonction des vœux des candidats et de l’offre de places disponibles, et en garantissant un traitement équitable des candidats quels que soient leur filière d’origine ou leur lieu de scolarisation.

Rapport du Ministère de l’Education Nationale d’octobre 2012

Pour toutes ces raisons, la naissance d’Admission Post-Bac fut une avancée significative et positive. Car cette mutualisation des modalités administratives et calendaires d’inscription dans l’enseignement supérieur portait la promesse d’une simplification, d’une lisibilité des offres de formation et d’une égalité d’accès aux études post-bac accrues.

APB ne tînt pas toutes ses promesses

Las, le système montra rapidement les défauts de ses qualités. Les mystères algorithmiques d’un outil qui présidait à la destinée estudiantine et donc professionnelle de la jeunesse française, le recours au tirage au sort illégal, la multitude de formations concernées (près de 15.000), les difficultés inhérentes à la hiérarchisation des voeux… constituèrent autant de points d’ancrage aux critiques des détracteurs d’une procédure indubitablement perfectible.

Mais peut-être les difficultés liées à l’orientation scolaire furent-elles les plus symptomatiques d’un « logiciel » qui n’avait manifestement pas été conçu pour accompagner les lycéens dans leurs choix de formations. Quel cursus choisir parmi les milliers proposés, au regard de ses résultats scolaires, de ses souhaits, de ses motivations, de ses capacités de travail, de ses moyens financiers, de ses ambitions professionnelles (si tant est qu’elles aient pu être identifiées), des débouchés de telle ou telle profession ou métier… ?

Ce n’est pas un hasard si les Pass Inspiration et Sérénité Tonavenir.net remportent un succès si massif auprès des jeunes et de leurs familles.

Malgré les déclarations d’intention du Ministère de l’Education Nationale concernant le Plan Etudiants, rien ne prouve que Parcoursup comblera les lacunes de l’ancien système sur ces aspects.

parcours terminales

Quid des principaux changements opérés avec Parcoursup ?

Le tirage au sort définitivement proscrit pour les filières sélectives

Dans les filières en tension (STAPS, PACES, droit…), les étudiants n’auront plus à s’en remettre aux caprices du hasard pour leur sélection. Ils auront par ailleurs la possibilité de postuler dans des académies qui ne dépendent pas de leur adresse de résidence (dans la limite des capacités éventuellement définies par l’établissement pour ces populations). En revanche, la contrainte des capacités d’accueil étant ce qu’elle est l’est, la cohérence entre le parcours du candidat, son projet de formation et les attendus de la formation demandée déterminera la décision.

lorsque l’effectif des candidatures excède les capacités d’accueil d’une formation, les inscriptions sont prononcées (…) après vérification de la cohérence entre, d’une part, le projet de formation du candidat, les acquis de sa formation initiale ou ses compétences et, d’autre part, les caractéristiques de la formation.

Jusqu’à 10 vœux, (à priori) non hiérarchisés

Moins de voeux possibles donc (au regard des 24 voeux d’APB), plus d’une réponse positive possible aussi (contre une seule dans l’ancien système) et le principe des « voeux groupés » élargi. Quant au classement des voeux, il disparaît aussi de Parcoursup. À priori. Car dans son projet de loi « Orientation et réussite des étudiants » présenté dans le compte-rendu du Conseil des Ministres du 22 novembre dernier, il est précisé que…

les vœux formulés sur la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur ne seront désormais plus systématiquement hiérarchisés.

Faut-il comprendre de ce « systématiquement » impromptu que dans certains cas (lesquels ?) la hiérarchisation serait encore possible ?

Entrer à l’université : oui si…

Le premier cycle de l’enseignement supérieur reste ouvert à tous les bacheliers. Sous condition. La notion de « parcours d’accompagnement pédagogique et de parcours de formation personnalisés » permettra en effet à un établissement d’exiger par exemple le suivi d’un stage de mise à niveau avant de confirmer une inscription. Le cas échéant, une commission devra proposer une ou plusieurs formations alternatives, en adéquation avec les voeux du jeune.

Par ailleurs, outre les « recommandations de projet de formation » prodiguées au 1er trimestre et les « deux semaines de l’orientation » mises en place en décembre et en février, un souhait de formation sera assorti d’un avis du conseil de classe au second trimestre de l’année de terminale. Un avis « purement consultatif » dont les établissements pourront néanmoins largement s’inspirer pour prendre leur décision.

Un calendrier d’inscription comparable à celui d’APB

Ouverture de Parcoursup mi-janvier 2018, clôture des voeux le 13 mars, examen des voeux lors du second conseil de classe, réponses fin mai et mise en place de la procédure complémentaire de juin à septembre. Le calendrier de la nouvelle procédure Parcoursup ne diffère de celle de la défunte APB que pour la réception des voeux qui arrivera un peu plus tôt.

Davantage d’informations sur les formations

Pré-requis des formations, nombre de places disponibles et taux de réussite pour chacune d’elles, calendrier des portes ouvertes d’établissements, possibilités de contact avec des responsables pédagogiques… La nouvelle plateforme gagnerait en lisibilité et constituerait une aide à la décision.

2018-06-13T21:16:39+00:00