Si pour certains, les choix d’orientation peuvent relever du chemin de croix, ceux de Jean-Philippe Leclaire s’apparentent plutôt à un chemin tout tracé. Dès l’âge de 9 ans, l’actuel Directeur adjoint des rédactions de L’Equipe savait qu’il deviendrait journaliste.

Il nous a accueilli chez lui à Paris pour évoquer son parcours étudiant et professionnel.

Et pour vous c’était comment l’orientation post-bac ?
Construire son parcours de formation, trouver son orientation post bac, choisir une voie professionnelle… ne sont pas des enjeux réservés aux jeunes d’aujourd’hui. Il y a 30, 40 ou même 50 ans, nos aînés aussi cherchèrent à dénicher le métier de leur rêve.
C’est pour appréhender leurs expériences que nous les avons sollicités. C’est pour comprendre quels furent leurs projets, leurs difficultés, leurs hésitations, leurs erreurs… que nous les avons rencontrés.

Devenir journaliste sportif et rien d’autre

directeur de rédactionComparé à celui, pluriel, d’Olivier Brémond, que nous avons rencontré cet été, le tracé linéaire de Jean-Philippe Leclaire force l’admiration. Il témoigne de cette obstination dont Charlie Chaplin disait qu’elle mène à la réussite.

Sa période d’adolescent nihiliste exceptée, la trajectoire de ce mélomane et fan de football ressemble à s’y méprendre à celle d’un chariot de Remington. Retour en moins !

Quand depuis la maison familiale, à St Genest Malifaux, on l’interroge sur ces velléités professionnelles, le tout jeune Jean-Philippe n’hésite guère : journaliste sportif.

L’épopée verdoyante de l’AS St Etienne toute proche n’est sans doute pas étrangère à son ambition. Dans la seconde moitié des années 70, l’équipe des « Verts » est à son apogée. Comptant même parmi les rares clubs français à disputer une finale de Coupe d’Europe.

Formé à Sciences Po et au CFJ

Jean-Philippe Leclaire fait partie de cette génération à compter de laquelle la profession de journaliste a nécessité un niveau de formation accru. Avant cela, passerelles et reconversions n’étaient pas rares. Il arrivait ainsi que certains se reconvertissent dans la presse écrite après avoir été enseignants ou exercé d’autres métiers.

journaliste sportif à l'équipeMalgré son attachement Génésien, Jean-Philippe s’en remet aux recommandations maternelles et passe le concours de Sciences Po Lyon qu’il réussit. Puis celui du Centre de Formation des Journalistes à Paris, avant d’embrasser, enfin, sa carrière de journaliste.

Journaliste sportif, mais pas que !

C’est Jérôme Bureau, l’ancien rédacteur en chef de L’Equipe Magazine et professeur au CFJ qui lui met les pieds à l’étrier.

Il commence comme stagiaire au sein du journal fondé après-guerre sur les cendres de L’Auto. Et revient comme pigiste après une pause de 14 mois au journal local Seychellois La Nation dans le cadre d’une Coopération du Service National à l’Étranger (équivalent d’un Volontariat International).

Débute alors une longue carrière au sein du groupe L’Equipe : grand reporter au Magazine, journaliste en charge de l’athlétisme au quotidien, puis à nouveau le Magazine en qualité de directeur de la rédaction.

En 2010, il succombe aux sirènes de la télévision et rejoint une société de production audiovisuelle qui fournit notamment des programmes culturels pour France 2, TPS, Canal+…

En 2016, Jean-Philippe Leclaire revient à ses premiers amours, le sport, et prend les rênes des différents supports de L’Equipe sous la houlette de Jérôme Cazadieu.

platoche par le le journaliste JP leclaireAuteur aussi… parce que du journalisme à l’écriture il y a l’épaisseur d’un stylo

Deux biographies consacrés à Michel Platini, un ouvrage sur la catastrophe du Heysel, un essai sur les liens entre performances sportives et couleur de peau et un livre-enquête sur l’affaire Pierre Marziali, seul français tué en Libye, dans des conditions mystérieuses.

Jean-Philippe Leclaire démontre s’il en était besoin qu’une activité pourtant bien nourrie de journaliste n’exclut pas quelques pauses littéraires.

« Pour moi l’orientation scolaire ce fut surtout ma mère »

C’est peut-être le seul point commun entre Olivier Brémond et Jean-Philippe Leclaire. Ni l’un, ni l’autre n’ont eu recours à un conseiller d’orientation pour trouver leur voie.

Aujourd’hui pourtant, de l’avis même de ce dernier, le métier de journaliste et le contexte d’exercice de la profession ont évolué.

Davantage d’écoles, des formations requises souvent plus longues, une précarité accrue pour les journalistes indépendants, un marché de la presse pour le moins tendu, la nécessité d’une plus grande polyvalence…

Aujourd’hui si on veut exercer ce métier dans de bonnes conditions il faut être bon et même très bon !

Quelle formation choisir pour devenir journaliste ? Demandez-leur de vous conseiller !