Le rendez-vous des Grandes écoles s’est tenu début octobre à Strasbourg. Plusieurs dizaines de Directeurs d’établissements se sont retrouvés durant deux jours à l’occasion de la Conférence des Grandes Écoles pour écouter, échanger et débattre dans le cadre d’ateliers thématiques et de tables rondes. Le financement de l’enseignement supérieur fut l’un des sujets au coeur des préoccupations du moment. Et peut-être celui à l’origine des pistes de réflexion les plus audacieuses !

En cause : la diminution significative des subsides en provenance de l’État et la réforme de la taxe d’apprentissage dont peuvent bénéficier, peu ou prou, tous les établissements d’enseignement, qu’ils soient publics ou privés.

Grandes écoles : tour de piste des solutions envisagées.

Soucieux de trouver des nouvelles ressources financières pour préserver la qualité de leur enseignement, les intervenants se sont efforcés de lister les solutions susceptibles d’être mises en place dans les années à venir, comme l’auraient fait les créatifs d’une agence de publicité lors d’une séance débridée de “brain storming”.

grandes écoles

Pour la plupart des acteurs présents, l’augmentation des frais de scolarité apparaît comme une réplique nécessaire et incontournable pour faire face à ces baisses de subventions. Ce serait même “la seule issue” pour le directeur de Télécom ParisTech, qui estime par ailleurs que les scrupules ne sont pas de mise au regard de “l’origine socio-professionnelle des parents” des futurs diplômés. L’aveu a le mérite de la clarté.

Même si l’idée ne peut suffire à régler tous les problèmes de financements, d’autres imaginent développer la formation continue, à l’instar de Polytechnique qui serait en passe de racheter une société spécialisée dans ce domaine. Les collectes de fonds (“fundraising”) auprès des entreprises offriraient aussi des perspectives intéressantes comme l’illustrent les cas des écoles HEC et ESSEC. La première aurait profité d’une manne de plus d’une centaine de millions d’euros en l’espace de 5 ans grâce à sa Fondation et le potentiel de levée de fonds de la seconde aurait progressé de 40%.

Mais la piste la plus étonnante ne provient pas de la CGE mais de la CDEFI (Conférence des Directeurs d’Écoles Françaises d’Ingénieurs), qui par la voix de son Président, Christian Lerminiaux, ne serait pas opposé à la “vente” de ses étudiants aux entreprises, ainsi qu’il l’explique aux Échos :

Il va falloir qu’on apprenne auprès des clubs de foot. Quand les centres de formation forment de bons joueurs, ils vendent leurs meilleurs éléments. Quand une école réussit à attirer de bons étudiants et à bien les former, il va falloir les vendre – à des établissements étrangers ou à des entreprises qui pourraient payer une somme libératrice équivalente au montant des frais de scolarité pour embaucher un de ses étudiants.

Une hypothèse qui ne fait manifestement pas l’unanimité. À l’instar de Xavier Cornu, DGA de la CCIP, pour qui la pratique s’apparenterait à une forme de prostitution. Les établissements devenant en quelque sorte les proxénètes des étudiants. Tout porte à croire que la panacée n’a pas encore été trouvée pour régler le problème de financement des grandes écoles !

Source : Les Echos
© Photos : Christian Jacquet pour CGE
La CGE est une association Loi 1901 née au début des années 70. La Conférence compte plus de 200 établissements français et étrangers d’enseignement supérieur et de recherche. Elle tend à former des étudiants dans un esprit “d’excellence” et avec le souci d’une constante synergie avec les entreprises et les acteurs de l’économie et de la société civile.