Cela fera prochainement un an. Lancé officiellement à la rentrée 2014, le Pépite tend à faciliter et à favoriser les velléités entrepreneuriales des étudiants. À quelques semaines de sa première bougie d’anniversaire, le moins que l’on puisse dire est que cette pépite-là n’a pas encore suscité la ruée escomptée. Avec un peu moins de 700 statuts d’étudiants entrepreneurs enregistrés au sein des 29 pôles existants contre 5.000 créations ou rachats d’entreprises annuels attendus sur la période des quatre ans à venir (soit 20.000 au total), il faut croire que soit les jeunes apprentis dirigeants ne sont pas légion, soit le dispositif manque d’attractivité.

Étudiant entrepreneur ou entrepreneur tout court ?

Le fait est que les avantages octroyés s’inspirent peu ou prou de ce qui se fait déjà via les plateformes d’incubation, qu’elles soient publiques ou privées, ou encore les Junior-entreprises regroupées au sein d’une confédération nationale :

Accompagnement par un enseignant et un référent externe du réseau PEPITE (entrepreneur, réseaux d’accompagnement et de financement)

Accès à l’espace de coworking du PEPITE ou d’un partenaire pour favoriser la mise en réseau des étudiants-entrepreneurs dans leur diversité et des partenaires praticiens du PEPITE

Possibilité de signer un Contrat d’Appui d’Entreprise (CAPE) avec une structure type couveuse ou coopérative d’activité et d’emploi (C.A.E.) ou un autre partenaire du PEPITE

étudiant entrepreneurPar ailleurs, avec une dotation ministérielle qui dépasse à peine le 1,5 million d’euros par an sur 3 ans, le plan Pépite ne prend guère en compte les problèmes de financement inhérents à toute création ou reprise d’activités, qu’il s’agisse des charges supportées par les jeunes chefs d’entreprise ou des moyens alloués au développement de leur business. Des carences qui s’ajoutent aux soucis de prises en charge des candidats au statut d’étudiant entrepreneur : manque de place ou d’espaces de coworking, insuffisance du personnel d’accompagnement… Autant dire que des améliorations sont à imaginer.

Les jeunes entrepreneurs ne sont pas tous étudiants

Reste que malgré la crise de 2008 et avec l’essor des start-ups, l’engouement croissant pour les plateformes de crowdfunding et la multiplication des sources de financement, les vocations Zuckerberguiennes (Facebook) ou LarryPagiennes (Google) fleurissent comme des Likes sur la Page tonavenir.net ! La bonne nouvelle, c’est que cette frénésie entrepreneurial touche des publics très différents. Depuis les brillants diplômés d’une grande école jusqu’aux non moins talentueux jeunes issus des banlieues, qui à défaut d’avoir tous fait de longues études ne manquent ni d’idées, ni d’énergie pour les mettre en oeuvre.

Yump4

Comme en témoigne l’esprit de la Yump Académie, du nom de cette entreprise, déclinaison française d’un concept suédois, qui accompagne depuis plus de deux ans des jeunes originaires de quartiers défavorisés décidés à se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise.

Tonavenir.net a demandé à Tomas Felbom, l’un des co-fondateurs, ce qui différenciait le projet Yump des structures d’accompagnement traditionnelles.

tomas felbomLa méthodologie de Yump est innovante et unique de par son mix :

• une formation sans livre ni professeur, où nous avons rendu simple le compliqué et pratique la théorie,
• la théorie est assimilée par une centaine de petits films animés, suivis de missions concrètes, sur le projet de l’entrepreneur. Ces missions sont encadrées par des coachs de business,
• les films et les missions sont hébergés sur une plateforme de jeu (gamification) incluant un système de crédits fictifs, donnant accès à des conseillers professionnels,
• les entrepreneurs se réunissent chaque semaine en MyChallenge, session de co-développement, et s’entraident dans leur développement,
• les entrepreneurs sont conviés en formation nomade chez nos entreprises partenaires (ateliers de travail sur l’innovation dans l’entreprise chez Altran, le pitch chez Microsoft, comment je finance ma boite chez LCL, etc),
• les cinq premières semaines incluent la méthodologie de Lean StartUp, qui force les entrepreneurs à sortir de leur zone de confort et à aller valider leur modèle de business chez des clients potentiels,
• Yump a également développé avec Epitech un jeu financier sur les bases du code.

Chez Yump, les entrepreneurs apprennent par les pros, pas par les profs, et dans une approche pratique, d’apprentissage ! Yump intervient donc avant les incubateurs et les pépinières et se concentre sur la validation des business model et le lancement de l’activité.

Yump s’inscrit comme une approche alternative qui compte déjà quelques lancements prometteurs. Une solution radicalement différente de celle initiée par le Ministère de l’éducation avec son plan Pépite dédié aux étudiants. Une approche qui au-delà du statut ou de la posture, privilégie l’envie de porter un projet auquel on croit et pour lequel on est prêt à s’impliquer et vise formaliser, à viabiliser ce qui n’est souvent au départ qu’une simple idée.

Dans ce contexte, qu’importe que le créateur soit ou non étudiant. La caractéristique de l’entrepreneur, assurément est ailleurs.

Alors à quand un plan Pépite ou une Yump académie pour les seniors ?